Mu(e)s : exposition Eloïse Van der Heyden à la Galerie Putman

Mu(e)s : exposition Eloïse Van der Heyden à la Galerie Putman
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Avec MUE(S), la Galerie Putman consacre pour la quatrième fois une exposition personnelle à Eloïse Van der Heyden. Présentée jusqu’au 24 octobre 2026 dans le nouvel espace de la galerie, le parcours propose une lecture dans la droite lignée du travail de l’artiste, mais par le prisme d’un thème qui lie les différentes pratiques : celui de la mue.

Nouvelle lecture d’une œuvre plurielle

Après trois précédentes expositions, MUE(S) permet de retrouver des éléments caractéristiques de l’univers d’Eloïse Van der Heyden tout en les mettant en relation autrement. Ici, la diversité des techniques n’est pas un simple choix formel. Empreintes, dessins, bronzes, céramiques… Chaque médium devient une manière différente d’aborder la transformation. La sculpture occupe d’ailleurs une place centrale dans cet ensemble, structuré autour de trois figures : l’arbre, la femme et le serpent. Des motifs qui permettent à l’artiste d’explorer les liens entre corps, nature, identité et métamorphose.

La pièce majeure de l’exposition est une sculpture en bronze réalisée selon la technique de la cire perdue représentant Mélusine, la femme-fée dont le corps se prolonge d’une queue de serpent. Ce personnage devient ainsi la clé d’entrée pour explorer le thème de la métamorphose. Et Eloïse Van der Heyden trouve en elle une figure particulièrement adaptée à son travail. Mélusine incarne le secret, la dualité et surtout la transformation d’un corps qui ne peut rester identique s’il veut survivre.

Mue, transformation, changement de support artistique

L’idée de mue se retrouve aussi dans les procédés de fabrication que l’artiste emploie pour présenter son propos. Les sculptures portent les traces d’opérations comme l’enfumage, l’oxydation ou l’application de jus. Autant d’éléments qui modifient directement l’aspect de la matière. Les empreintes procèdent d’un autre type de transformation : l’artiste encre des objets (collants en nylon, fougères, préservatifs) avant de les passer sous une presse lithographique. L’objet connait alors sa propre métamorphose en devenant image.

Muer sans cesser d’être soi

En réunissant ces différentes recherches, MUE(S) apporte donc un éclairage complémentaire sur une œuvre déjà explorée par la Galerie Putman. L’exposition montre surtout que, chez Eloïse Van der Heyden, la métamorphose procède davantage d’une forme de continuité que de rupture. La matière change, les formes se déplacent, les objets deviennent empreintes et les corps se métamorphosent. À travers eux se dessine une même idée : créer revient à accepter de (se) transformer.

Mu(e)s
Galerie Putman
Jusqu’au 24 Octobre 2026