Exposition L’être et le néon : Julie Glassberg met la liberté en lumière

Exposition L’être et le néon : Julie Glassberg met la liberté en lumière
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Au Carré de Baudoin, Julie Glassberg nous invite à regarder le néon autrement. Pas seulement comme une source de lumière spectaculaire, mais comme un signe culturel. Dans L’être et le néon, la photographe française s’intéresse à des communautés qui ont choisi de transformer leur quotidien en terrain d’expression : danseurs de thés dansants, amateurs de vélos hors normes ou propriétaires de Dekotora, ces impressionnants camions japonais entièrement personnalisés. Derrière les couleurs, les lumières et les décors, ce sont surtout des manières d’habiter le monde qui apparaissent.

Le néon comme promesse d’ailleurs

Il suffit parfois d’une lumière pour changer complètement notre perception d’un lieu. Dans les photographies de Julie Glassberg, le néon produit d’abord cet effet très plastique. Ses couleurs intenses, ses éclats dans la nuit et ses contrastes avec l’obscurité donnent aux scènes une dimension presque irréelle. Les objets semblent sortir du quotidien pour entrer dans un univers parallèle, plus coloré, plus théâtral, parfois proche du rêve.

Cette esthétique n’est pourtant jamais gratuite. Car le néon porte aussi une dimension culturelle très forte. Il évoque immédiatement certains paysages urbains nocturnes, les enseignes japonaises, les diners américains, les rues commerçantes et, plus largement, une certaine représentation de la modernité. C’est un éclairage artificiel devenu familier, mais qui continue de produire une impression d’ailleurs. Chez Julie Glassberg, cette ambivalence est au centre de la démarche photographique. Le néon attire le regard tout en ouvrant une porte vers d’autres imaginaires.

Des communautés qui fabriquent leur propre langage

Cette lumière spectaculaire pourrait facilement devenir le sujet principal des images. Elle n’est pourtant qu’une clé entrée. Car ce qui intéresse vraiment la photographe, ce sont les personnes qui se trouvent derrière ces univers visuels. Dans Stayin’ Alive, elle photographie des habitués des thés dansants, qui continuent à danser et à se retrouver malgré le temps qui passe. Avec le Black Label Bike Club, elle s’intéresse à des passionnés qui fabriquent des vélos improbables avant de les engager dans des joutes aussi ludiques qu’anarchiques.

Et au Japon, les Dekotora poussent encore plus loin cette logique. Ces camions deviennent de véritables objets-spectacles, couverts de motifs, de chromes et de lumières. Ils ne servent plus uniquement à transporter des marchandises. Ils deviennent une manière de se distinguer, d’affirmer une personnalité et d’appartenir à une communauté. Dans ces trois séries, Julie Glassberg observe donc une même chose : la capacité à transformer un geste ordinaire en affirmation de soi.

Passer du regard à l’expérience

L’exposition a été pensée comme une véritable immersion. Le visiteur ne découvre pas seulement les photographies : sons, témoignages et éléments de décor prolongent les univers documentés par l’artiste.

Le parcours commence avec STAYIN’ ALIVE, au rez-de-chaussée, avant de conduire vers l’énergie du BLACK LABEL BIKE CLUB. Il s’achève avec les spectaculaires DEKOTORAS, dont les camions installés à l’extérieur annoncent déjà l’exposition depuis la rue. Cette circulation entre l’intérieur et l’extérieur souligne un peu plus le propos de l’exposition sur la nécessité de créer des espaces de liberté. Parfois même en marge des usages attendus.

L’être et le néon – Julie Glassberg

Exposition au Carré de Baudoin

Jusqu’au 3 octobre