Du 20 au 30 octobre 2026, la Galerie Amélie du Chalard présente Surpressions, une exposition consacrée à Olivier Urman, organisée en marge d’Art Basel Paris. L’artiste français y dévoile pour la première fois des œuvres en grand format. Et il ouvre ainsi une nouvelle étape dans sa recherche menée depuis plus de vingt-cinq ans autour du temps, de la matière et de la disparition.
Résister à la disparition
Le travail d’Olivier Urman s’organise autour d’une conviction : « tout ce que nous voyons appartient au passé ». Pour l’artiste, le monde est soumis à une transformation permanente. Les objets s’usent, les images deviennent des souvenirs et les objets finissent par perdre leur apparence initiale. Depuis plus de deux décennies, il cherche à rendre visibles ces processus. Sculptures, installations, peintures et gestes performatifs participent d’une même démarche : interroger ce qui subsiste lorsque l’apparence se défait.
Plutôt que de créer de nouvelles formes, Urman intervient sur celles qui existent déjà. Il supprime, masque, broie ou reconfigure les éléments qui composent notre environnement visuel. Son travail met ainsi en question la frontière entre l’objet et sa représentation, entre ce qui est présent et ce qui a disparu. Un questionnement qui se trouve au cœur de sa nouvelle exposition.
La matière comme empreinte
Avec la série des Surpressions, cette recherche prend toutefois une nouvelle dimension. Les œuvres sont réalisées à partir de poussières issues d’objets réduits à leur propre matière. Ce qui reste de ces objets devient ainsi le matériau même de la création. L’œuvre ne cherche donc plus à représenter l’objet disparu, ni à en conserver simplement l’image. Elle en rassemble les traces physiques pour les réorganiser. La matière ne sert plus à reproduire une apparence, mais plutôt à rendre sensible une absence.
Cette approche renouvelle le rapport de l’artiste à la peinture. L’image ne repose plus sur l’illusion ou sur la représentation d’un sujet identifiable. Elle se construit à partir d’une matière qui porte en elle l’histoire de sa transformation.
Le grand format, un nouveau terrain d’expérimentation
Présentées pour la première fois, ces œuvres grand format marquent une évolution dans le parcours d’Olivier Urman. Elles donnent une nouvelle ampleur à sa réflexion sur la disparition et la persistance des objets, tout en prolongeant les recherches conceptuelles qui traversent son travail depuis ses débuts.
Avec Surpressions, l’artiste ne prétend pas arrêter le temps ni préserver intact ce qui est voué à disparaître. Il propose plutôt une manière de travailler avec ses effets, en transformant les résidus en matière active et l’absence en expérience visuelle. Cette exposition apparaît ainsi comme une étape significative dans sa pratique : un moment où sa réflexion sur la fin des choses trouve une nouvelle expression plastique.
Olivier Urman – Surpressions
Galerie Amelie du Chalard
Du 20 au 30 octobre 2026
