Exposition Hiroshi Sugimoto au musée Soulages : Reprendre la mélodie

Exposition Hiroshi Sugimoto au musée Soulages : Reprendre la mélodie
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Au musée Soulages, l’œuvre d’Hiroshi Sugimoto entre en résonance avec celle de Pierre Soulages. Deux pratiques éloignées dans leurs médiums, mais proches dans leur exploration de la lumière, du temps et de l’espace comme expérience perceptive. Avec « Hiroshi Sugimoto. reprendre la mélodie », le musée propose une rencontre rare. Celle de deux œuvres qui ne se sont jamais croisées, et qui pourtant dialoguent de façon évidente. D’un côté, la photographie d’Hiroshi Sugimoto, débutée dans les années 1970. Et de l’autre, la peinture de Pierre Soulages, construite autour de la lumière réfléchie par la matière noire. Deux pratiques distinctes, mais traversées par une même tension autour de la maîtrise technique.

Une même attention à la lumière comme phénomène

L’œuvre de Sugimoto a été exposée dans les musées les plus prestigieux, de Londres à Osaka, en passant par les Etats-Unis. Et pourtant, rarement a-t-elle trouvé un écrin qui la mette autant en valeur. La raison ? La photographie d’Hiroshi Sugimoto partage avec la peinture de Soulages la même préoccupation pour la lumière et les ombres.

Ainsi, Sugimoto a fait de la photographie un outil d’exploration du temps long. Ses séries, qui sont déployées sur plusieurs décennies, cherchent moins à capturer l’instant présent qu’à condenser des durées presque infinies. L’image n’est plus une représentation. Elle devient plutôt une surface sur laquelle la lumière laisse apparaître ou efface les formes.

Une approche qui entre en résonance directe avec les préoccupations de Soulages. Si leurs médiums diffèrent radicalement, tous deux interrogent la manière dont la lumière ne se contente pas d’éclairer, mais structure la perception elle-même. Et l’exposition a précisément pour but de nourrir ce dialogue entre deux pratiques qui partagent tant.

Horizon, espace et architecture du regard

L’exposition met en regard huit séries majeures de Sugimoto qui couvrent près de cinquante ans de création. Ce parcours permet de saisir la cohérence d’une recherche fondée sur des motifs récurrents : la ligne d’horizon, le dépouillement, mais aussi le rapport à l’espace et à l’architecture. Autant d’éléments qui trouvent un écho dans les œuvres de Soulages, où la surface picturale devient un champ d’expérimentation optique.

Fait intéressant : ce rapprochement n’a rien de biographique, puisque les deux artistes ne se sont jamais rencontrés. Ce croisement, qui s’installe hors de leur présence, est donc d’ordre conceptuel, mais pas pour autant superficiel. Bien au contraire : le dialogue entre les deux œuvres met en lumière une convergence rare : celle de deux pratiques qui, chacune à leur manière, cherchent moins à représenter le monde qu’à en révéler les conditions de perception.

Hiroshi Sugimoto – Reprendre la mélodie
Au musée Soulages de Rodez
Jusqu’au 13 septembre 2026