Is that all there is ? Une exposition exceptionnelle à Cloud Seven Bruxelles

Is that all there is ? Une exposition exceptionnelle à Cloud Seven Bruxelles
Abraham Cruzvillegas, Blind self portrait waiting for my musician friends Cocol y Obed at La Imperial, drinking a suero and a clamato natural, listening to the album ‘Slight Freedom’ by Jeff Parker, ready to eat a good guacamole with escamoles and chapulines, with a salsa borracha, in some blue corn tortillas, before a good chamorro taco, just coming back from the Swamp Summit in Yucatán, reading the beautiful emancipatory poetry of Pedro Uc Be, 2023. Crédit photo Hugard & Vanoverschelde.
À voir

À quelques jours de son finissage, l’exposition Is that all there is ?, présentée à Cloud Seven à Bruxelles par Frédéric de Goldschmidt en collaboration avec Grégory Lang, réunit des œuvres majeures d’Alighiero Boetti, François Morellet, Julian Charrière, Claudio Parmiggiani, Hideyuki Ishibashi, Bronwyn Katz ou encore Abraham Cruzvillegas. Une exposition remarquable à découvrir jusqu’au 11 juillet.

Y a-t-il autre chose à voir ?

C’est indubitable. Il y a à regarder, à voir, à percevoir, à concevoir, et même à rêver dans Is that all there is?, l’une des plus belles expositions imaginée et réalisée par Frédéric de Goldschmidt, en collaboration avec Grégory Lang, dans son espace au septième ciel (Cloud Seven, à Bruxelles). Et au fil des œuvres, au fil des étages, l’exposition dément constamment le questionnement de son titre : Is that all there is? – d’après la célèbre chanson de Peggy Lee.

Et non, la sphère en métal de François Morrelet n’est pas seulement une sphère en métal. Elle est la lumière, elle est le mouvement, la circularité et la circulation, elle est une planète en feu, une constellation tout entière – et le magnifique Alighiero Boetti qui lui fait face n’est pas seulement Alighiero, ni seulement Boetti, mais Alighiero et Boetti : c’est l’arc-en-ciel et ses reflets, l’arc-en-ciel et tous les symboles qu’il véhicule, et non, ce n’est pas seulement une œuvre d’art, elle est même L’OEUVRE de la collection, se retrouvant sur la couverture de Full House: One Space, Two Shows, 307 Artists, and 400 Pieces from the Frédéric de Goldschmidt Collection.

 

François Morellet, Sphère-trame, 1962. Crédit photo: Hugard & Vanoverschelde.

 

Une collection qui dépasse le regard

Et non, The Erratics (Wrest) de Darren Harvey-Regan n’est pas qu’un virtuose trompe l’œil : c’est un arrêt avant chute, c’est le cœur suspendu, l’effroi, une alerte, un danger, une métaphysique… quant aux cailloux que Bronwyn Katz a ramassé sous le pont Barbès, non, ce ne sont pas de simples cailloux, regardez bien, ce sont des générations de marginalisés, de sdf par choix ou par dérive, de toxicomanes, de policiers ; ces cailloux-là dessinent pour nous une précarité profondément ancrée dans Paris où elle avoisine constamment « le beau monde » ; ce sont des pierres précieuses d’humanité revisitée et revalorisée par l’artiste. Quant à l’« autoportrait aveugle » d’Abraham Cruzvillegas… il faut en lire la didascalie complète pour en saisir toute la poésie.

Des œuvres majeures de Bronwyn Katz à Claudio Parmiggiani

Et attendez, ce n’est que le rez-de-chaussée ! Dans les deux étages intermédiaires, Alighiero & Boetti encore, Kate Owens, l’œuvre latente d’Hideyuki Ishibashi, Untitled (from the series Latent) (2021), et tant d’autres trésors, pour finalement arriver au troisième étage où nous accueille une œuvre sublime du mythique-mystique Claudio Parmiggiani, (Untitled, 1974) : en position fœtale, face à face, un squelette et un corps de toute jeune fille, tous deux auréolés. La vie…

 

Alighiero Boetti, Zig Zag, 1966. Crédit photo: Hugard & Vanoverschelde.

 

Julian Charrière et l’art de disparaître

Et, pour conclure, l’Invitation to disappear de Julian Charrière (2018). Comme en écho à Peggy Lee, Julian organise une rave party dans une plantation de palmiers à huile, party qu’il filme pendant 1h16 au rythme d’une envoûtante musique techno ; la photographie montrée dans l’exposition correspondant à l’une des images du film – une image de fête dystopique, « réponse ambiguë de notre monde aux problèmes écologiques : on profite à fond des derniers instants avant la catastrophe » explique le commissaire : « cette image m’évoque aussi les personnages de Melancholia dans l’attente de la collision de la planète » (dans le film sublime de Lars Von Trier, 2011). À propos de Julian Charrière, Frédéric de Goldschmidt précise encore qu’il le connaît depuis une quinzaine d’années, et apprécie « sa virtuosité technique et son sens de la provocation. Julian s’y connaît bien en rave et partage avec nous, avec vous, cette jubilation de la fête. ».

La jubilation de la fête, à (re)vivre pour le finissage de l’exposition à Cloud Seven.

Tous les détails ci-dessous

Le programme du finissage

L’exposition Is that all there is ? est visible jusqu’au 11 juillet à Cloud Seven, à Bruxelles. Son finissage, le 11 juillet, réunira projections, performances, rencontre avec les artistes et DJ sets. Une dernière occasion de découvrir l’une des expositions les plus marquantes de la saison.

14 h 10 – 15 h 30 / 15 h 40 – 17 h 00 — An Invitation to Disappear de Julian Charrière (durée : 76 min)

15 h 30 – 16 h 30 — Performance de clôture de Sensorial Skins par Anne Marie Maes

17 h 00 – 17 h 45 — Conversation entre Nicolas Faubert et Hideyuki Ishibashi, animée par Frédéric de Goldschmidt

18 h 00 – 18 h 45 — Erosion Body, performance de Nicolas Faubert

19 h 00 – 21 h 00 — DJ set de Sylvia

21 h 00 – 23 h 00 — DJ set de Antoine Grenez