Exposition François Morellet à la galerie Oniris : L’héritage ludique d’un artiste obsédé par la géométrie

Exposition François Morellet à la galerie Oniris : L’héritage ludique d’un artiste obsédé par la géométrie
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Avec Multiples d’exception, exceptions multiples, la galerie Oniris consacre une exposition à François Morellet qui dépasse largement le simple hommage à un artiste disparu. À travers des sérigraphies, des gravures et des éditions rares, elle rappelle combien Morellet a fait de la géométrie un espace de jeu, de perturbation et d’invention permanente.

Art et géométrie, rigueur et accident

À l’occasion du centenaire de la naissance de François Morellet, les célébrations se multiplient. Pourtant, l’exposition présentée par la galerie Oniris évite l’écueil de la commémoration figée. Ici, il ne s’agit pas seulement de revenir sur une figure majeure de l’abstraction géométrique, mais de retrouver ce qui a rendu son œuvre aussi singulière : une manière de transformer les systèmes les plus rigoureux en terrains d’expérimentation presque ludiques.

Le titre même de l’exposition, Multiples d’exception, exceptions multiples, agit comme une porte d’entrée idéale. Le palindrome résume à lui seul l’esprit Morellet, tant par sa fascination pour les structures que par son obsession constante du décalage. Ainsi, l’exposition rassemble des sérigraphies, gravures et éditions rares qui permettent de saisir un aspect essentiel du travail de Morellet : sa capacité à faire coexister la méthode avec l’imprévu.

Car derrière les lignes droites, les grilles et les compositions mathématiques, l’artiste introduit toujours un élément perturbateur. Tirage aléatoire, protocole absurde, contrainte arbitraire : les règles ne servent jamais à produire un ordre stable, mais au contraire à ouvrir des possibilités inattendues.

Cette tension constante donne à ses œuvres une mobilité particulière. La géométrie n’y apparaît pas comme un langage froid ou autoritaire, mais plutôt comme une mécanique capable de produire du rythme, et donc de susciter l’inattendu.

Une œuvre multiple au sens propre comme au figuré

Le choix de présenter des multiples prend ici tout son sens. Car chez Morellet, la répétition n’implique jamais la reproduction à l’identique. Et chaque variation déplace légèrement le regard pour modifier la lecture du motif. Cette dimension protéiforme permet aussi de comprendre la singularité de son travail. Son œuvre dialogue autant avec l’art conceptuel qu’avec le design, l’architecture ou l’installation lumineuse.

En filigrane, l’exposition montre surtout que cet approche ludique de Morellet n’était jamais décorative. Le jeu constituait une véritable méthode critique. En introduisant du hasard dans des structures extrêmement construites, il rappelait qu’aucun système n’est totalement stable.

François Morellet Multiples d’exception, exceptions multiples – exposition personnelle
Galerie Oniris
Jusqu’au 4 Juillet 2026