Exposition Park Seo-Bo à Paris au White Cube

Exposition Park Seo-Bo à Paris au White Cube
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Le White Cube de Paris consacré une exposition à la série « Écriture » de Park Seo-Bo. L’occasion de revenir sur un moment décisif dans la carrière de l’artiste, qui s’est justement joué à Paris. En effet, c’est durant un séjour parisien, à la fin des années 1970, que l’artiste coréen commence à expérimenter avec des articles du journal Le Monde.

Les années parisiennes de Park Seo-Bo

C’est loin de Corée, à Paris, que le travail de Park Seo-Bo a connu l’une de ses inflexions les plus importantes. Et c’est précisément sur ce virage créatif que l’exposition du White Cube propose de revenir.

En 1977, lors d’un séjour à Paris, l’artiste a l’habitude d’utiliser le papier journal comme accessoire pour nettoyer ses pinceaux. Pourtant, ce geste purement utilitaire finit par trouver une place centrale dans sa pratique. Et Park Seo-Bo expérimente bientôt en utilisant des articles du journal Le Monde dans son travail.

Le papier journal introduit une instabilité qui intéresse l’artiste coréen. Les encres imprimées interagissent avec les pigments. L’huile réagit différemment selon les zones. Le support résiste. Il absorbe, mais sous pour autant disparaître ou se plier à la volonté de l’artiste. C’est cette zone de friction qui sert de matrice à la série « Écriture », qui fait l’objet de cette exposition.

L’accident comme principe de composition

Ce qui commence presque comme un accident (l’usage purement utilitaire du journal qui évolue vers un acte de création) est tout sauf un moment anecdotique. Et il devient au contraire un élément structurant de la pratique de Park Seo-Bo. Un élément que l’on retrouve jusque dans les dernières œuvres réalisées par l’artiste avant sa mort, survenue en 2023.

Au fil du temps toutefois, le travail de l’artiste évolue. Et l’utilisation du journal finit même par prendre une dimension plus intime, notamment parce qu’il utilise des journaux anciens tirés de sa propre collection. Mais aussi à cause de l’ajout de dates personnelles comme les anniversaires des membres de sa famille. Des détails autobiographiques visibles dans la série « Pencil Ecriture (colour) ». Et qui soulignent bien que l’enjeu, dans le recours au journal, est aussi le sujet du rapport au temps.

Exposition Park Seo-Bo
Jusqu’au 30 mai 2026 au White Cube Paris