Jusqu’au 12 avril 2026, le musée Bourdelle à Paris consacre la première grande rétrospective française à Magdalena Abakanowicz. L’artiste polonaise a été une pionnière de la sculpture contemporaine et de l’art textile. Et le musée Bourdelle la présente dans toute l’ampleur de son œuvre, de ses premières pièces textiles aux installations monumentales. L’exposition révèle ainsi sa capacité à transformer les matériaux en autant de métaphores du corps, de la société et du temps.
Retour sur une trajectoire artistique peu connue en France
Comment présenter l’oeuvre de Magdalena Abakanowicz à un public français qui ne la connait pas, ou si peu ? Le musée Bourdelle a la charge de répondre à cette question. Et l’exposition actuellement présentée a été volontairement conçue comme une traversée à la fois biographique et artistique.
Le parcours débute par les Abakans, ces sculptures textiles suspendues qui, dès les années 1960, libèrent la tapisserie de ses cadres traditionnels. L’artiste les pensent comme des espaces de résistance et de pensée politique. Et l’espace muséal les met en valeur pour mieux en apprécier les volumes.
Les visiteurs découvrent ensuite la série Dos et Figures dansantes, où la répétition et la texture des coques en toile de jute invitent à réfléchir sur la condition humaine. Chaque figure sans visage évoque à la fois l’universalité et la fragilité de l’individu.
En alternant sculptures, dessins et œuvres textiles, le musée restitue la continuité et la cohérence de l’invention formelle d’Abakanowicz. Mais l’exposition apporte aussi une attention extrême à la contextualisation de sa démarche dans l’histoire de la Pologne et de l’Europe d’après-guerre.
Sculptures et installations : une leçon de présence
Au fil des salles, l’exposition illustre ainsi la progression de l’artiste vers des œuvres monumentales et hybrides. Embryologie immerge le spectateur dans une matière organique et presque vivante, tandis que La Foule V et les Mutants confrontent l’œil à des masses anonymes et inquiétantes, qui témoignent du pouvoir social et politique de la sculpture.
Les Jeux de guerre, réalisés entre 1987 et 1995, résonnent comme un dernier acte de méditation sur la violence et la transformation sociale. La scénographie du musée Bourdelle, qui met en valeur la monumentalité de chaque pièce dans des volumes ouverts mais intimistes, permet au public français de comprendre comment Abakanowicz tisse des liens entre le corps, son environnement et la mémoire collective.
Cette rétrospective est donc une invitation à découvrir une œuvre qui dépasse la simple forme plastique. Elle illustre la force d’une artiste qui pense la vie et la société. Mais elle nous rappelle aussi que la transmission culturelle passe par la mise en espace et une lecture guidée. Ainsi, La Trame de l’existence ne se contente pas de présenter des œuvres. Elle propose une immersion totale dans la pensée et l’engagement d’une artiste majeure du XXᵉ siècle.
Exposition au musée Bourdelle : Magdalena Abakanowicz, La Trame de l’existence
Du 20 novembre 2025 au 12 avril 2026 au musée Bourdelle
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