Présentée à la galerie David Zwirner à Paris jusqu’au 21 mars 2026, l’exposition Josef Albers: Duets propose une lecture riche des différents aspects de l’œuvre du peintre. À travers près de quarante ans de travail, elle rappelle combien Albers reste un artiste clé pour comprendre notre rapport contemporain à la perception et au regard. Un regard qui peut aussi bien être rationnel qu’émotionnel.
Dialogue en couleurs
On connaît souvent Josef Albers pour la rigueur de ses carrés imbriqués. Duets propose de revisiter cette évidence pour comprendre ce qui se joue dans l’image. Ici, tout repose sur la relation entre deux formes, deux couleurs, deux structures. Albers ne peint jamais un élément isolé. En fait, il met en scène une interaction. La couleur n’est pas un absolu, mais un élément structurant qui doit être compris dans le contexte de la toile.
Les œuvres issues de la série Homage to the Square en donnent le meilleur exemple. Deux tableaux proches par leur palette, parfois presque identiques, produisent pourtant des sensations radicalement différentes. Le visiteur fait l’expérience directe de ce qu’Albers théorisait : une couleur ne se perçoit jamais de la même manière deux fois. À l’heure où l’image est standardisée et calibrée par nos écrans, cette leçon de relativité visuelle résonne avec force.
Dualité, musique et richesse de lecture
L’exposition élargit cette réflexion avec des œuvres en noir, blanc et gris, notamment autour du motif des clé de Sol. Inspirées par la musique, ces compositions rappellent qu’Albers pensait la peinture comme un art du rythme et de la variation. Comme chez Bach, qu’il admirait profondément, une structure stricte devient le support d’infinies modulations.
Les séries des Variants prolongent d’ailleurs cette idée. Les formes architecturales qu’elles évoquent proposent souvent deux entrées possibles pour la lecture : la rationalité ou l’émotion. Il n’y a pas une seule manière d’aborder une œuvre, ni une seule interprétation légitime. Une richesse de lecture qui renoue avec un rapport plus intime à l’image.
