Exposition François Rouan : Suaires et palimpsestes à la Galerie Templon

Exposition François Rouan : Suaires et palimpsestes à la Galerie Templon
©François Rouan / Recorda XIII
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Le 15 novembre dernier, la Galerie Templon a ouvert une exposition consacrée à François Rouan Suaires et palimpsestes. C’est l’occasion d’une expérience de découverte rare : admirer une vingtaine d’œuvres qui ne se livrent pas au premier coup d’œil. Car le peintre français aime construire par strates, notamment grâce à sa technique de tressage. Et cette exposition parisienne est l’occasion de mieux appréhender sa vision de la création, à rebours de la vitesse du monde actuel.

Une peinture qui invite à la pause

Le Musée des Beaux-Arts de Lyon vient tout juste de consacrer une grande exposition au travail de François Rouan. Et dans une certaine mesure, l’exposition Suaires et palimpsestes que lui consacre la Galerie Templon s’inscrit dans la continuité. Elle invite les visiteurs parisiens à redécouvrir la singularité de Rouan : des œuvres qui ne se livrent pas facilement au regard.

Au total, une vingtaine de toiles sont exposées. Et elles donnent un aperçu très fidèle du goût du peintre français pour les motifs brouillés, les formes enfouies, et les couleurs qui surgissent pour mieux s’interrompre. Au cœur de l’exposition, les séries Transis et Recordas demandent au public de prendre le temps de regarder.

Le thème qui irrigue les œuvres est d’ailleurs celui d’une contemplation. Dans les Transis, travaillés à la cire, les images émergent comme des souvenirs ou des spectres. Et dans les Recordas, le tressage minutieux des fragments de toile permet de créer une surface dense, et paradoxalement remplie de ruptures et de silences. Pour les appréhender, il faut d’abord que le regard accepte de ralentir pour mieux se poser sur la peinture.

Le tressage : une technique riche de sens

Depuis les années 1960, le tressage est au cœur de l’œuvre de François Rouan. Et c’est ce geste qui ouvre le terrain d’expression du peintre. Il prend la toile, la découpe, entrelace ses éléments pour mieux la reconstruire. Et cette technique mastique n’est pas un effet de surface. Il s’agit pour Rouan de créer une image entrelacée, dans laquelle la toile s’affirme comme un élément pictural à part entière, et non pas un simple support.

Depuis près de soixante ans, François Rouan creuse son sillon grâce à cette maîtrise du tressage. Il est désormais au sommet de sa maturité. Et, paradoxalement, l’exposition que lui consacre la Galerie Templon est aussi l’occasion de rappeler à quel point son travail dialogue de façon frappante avec les préoccupations contemporaines en lien avec la fragmentation de la mémoire.

François Rouan, Suaires et palimpsestes

Galerie Templon – Du 15 novembre au 31 décembre 2025

 

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