« Les Tasses » entre le public et l’intime

« Les Tasses » entre le public et l’intime
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L’exposition Les Tasses, toilettes publiques, affaires privées, présentée au Point Ephémère à Paris jusqu’au 30 novembre, est un véritable événement. Ce qui se passait entre hommes dans les vespasiennes de Paris est devenu un mythe, souvent évoqué par la littérature (cf. récemment le Journal de Julien Green : https://www.art-critique.com/2019/10/desirs-art-julien-green/) ; l’artiste Marc Martin a décidé de prendre ce mythe à bras le corps. Qu’advenait-il vraiment dans ces pissotières de rue, entre rencontres homosexuelles et rendez-vous de la Résistance ? La surveillance policière était évidemment très lourde, avec des « appâts » bien roulés… On en retrouve ici de nombreuses archives, en même temps que des cartes postales et des photographies anciennes.

Les « tasses », créées par le préfet Rambuteau en 1834, étaient au nombre de plus de mille à leur grande époque. Des millions de graffitis y étaient dessinés, allant du pornographique au politique, souvent véritables oeuvres d’art sauvages, comme en témoigne le journal d’Eugène Wilhelm, qui en avait recensé d’innombrables avant 1914. Mais les notes et souvenirs des utilisateurs et des professionnels de la répression ne sauraient rendre pleine justice à ce qui appartient avant tout à l’imaginaire commun. C’est ici que Marc Martin, photographe de talent, apporte sa contribution toute personnelle en travaillant sur des atmosphères, des regards, des jeux de mains, tout un monde certes pas aseptisé comme celui des écrans, mais imprégné d’une sensualité glauque et magnifique à la fois. Un beau livre, portant le même titre que l’exposition, en prolonge le propos ; il est présenté en ce moment aux Mots à la bouche.

 

Point Ephémère, 200 quai de Valmy, 75019 Paris. Entrée libre tous les jours de 13h à 20h.

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