Le « New York Times » met fin aux dessins de presse

Le « New York Times » met fin aux dessins de presse
Marché  -   Perspective

C’est un genre artistique à lui tout seul, le dessin de presse ou les caricatures qui illustrent de nombreux journaux à travers le monde. Les premiers à disparaître, aussi, en cas de censure ou de dictature, entravant la liberté d’expression et la liberté de la presse. Pourtant, c’est ce que vient de décider le New York Times, à la grande surprise de ses lecteurs. A partir du 1er juillet, il n’y aura plus d’illustrations de ce type dans son édition internationale. Déjà en avril 2019, le célèbre journal américain avait présenté des excuses pour la publication d’une caricature représentant le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, signée du dessinateur portugais Antonio Moreira Antunes. On y voyait ce dernier représenté avec un corps de teckel en chien d’aveugle de Donald Trump…

Un dessin qui a été un catalyseur pour la rédaction, afin de se passer de ce genre de dessin à l’avenir. « Nous réfléchissons depuis plus d’un an à harmoniser notre édition internationale avec l’édition domestique, en mettant fin aux caricatures politiques quotidiennes », explique le responsable des pages Opinion du New York Times, James Bennet. Une décision qui a surpris de nombreux journaux dans le monde entier, à l’heure où les médias (et surtout la presse d’opinion) subissent de plus en plus une vague de moralisation et qui intervient quelques années après les attentats de Charlie Hebdo qui n’ont pourtant pas empêché le journal de continuer à publier des unes sensationnalistes, à base de dessins caricaturaux. Alors que ce même New York Times a obtenu un Prix Pulitzer en 2017 en publiant une BD reportage sur les réfugiés syriens, signée Jake Halpern et Michael Sloan. A ce jour, il n’y aurait plus que 24 dessinateurs employés par un journal américain, sur plus de 1 400 quotidiens…

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