L’art en ligne

L’art en ligne
Site Web Drouot Digital.
Marché

Certains galeristes se plaignent d’être de moins en moins sollicités par les collectionneurs. En cause, la multiplication des foires qui donnent accès à de nombreuses œuvres en un temps record mais aussi le numérique qui prend une place de plus en plus importante dans le marché de l’art.

Le Web est devenu un lieu de diffusion des œuvres au même titre que les galeries traditionnelles ; il permet aux collectionneurs de découvrir des artistes, de s’informer de leur cote et d’acheter leurs productions. Les artistes l’ont bien compris, ils sont très nombreux à posséder un site web sur lequel ils affichent leur participation à des expositions et recensent les articles parus à l’occasion de ces manifestations. Ils sont encore plus nombreux à utiliser les réseaux sociaux pour diffuser leur actualité, postant des images de leurs dernières créations comme leurs collaborations à des évènements. Un pari intelligent puisque selon l’agence Hiscox les acheteurs d’art de moins de trente-cinq ans sont maintenant 79 % à utiliser la plateforme d’Instagram pour découvrir de nouveaux artistes. La digitalisation de l’art permet ainsi à un public plus jeune, et donc bien souvent moins fortuné, d’acquérir des œuvres notamment auprès d’artistes peu reconnus. Mais, si l’activité de promotion par le Web est particulièrement développée chez les jeunes artistes qui ne sont pas représentés par les structures classiques et maîtrisent ces nouveaux outils, elle l’est aussi par les artistes déjà implantés dans le milieu. Ainsi le graffeur Banksy avait posté sur Instagram une vidéo qui le montrait en train de construire le mécanisme de destruction pour sa toile « Girl with balloon » qui s’est autodétruite lors de sa mise aux enchères par la maison de ventes Sotheby’s à Londres en octobre dernier. Cette vidéo, d’abord vue par ses cinq millions d’abonnés, a été largement diffusée sur le web par la suite, offrant à l’artiste une visibilité qu’aucune galerie n’aurait pu lui garantir.

Mais, plus encore que les artistes, ce sont les institutions consacrées qui se saisissent de ces nouveaux outils. Ainsi, la salle des ventes parisienne Drouot propose de suivre les ventes qui se déroulent dans ses murs en ligne et en temps réel. Depuis quelque temps, elle destine même certaines de ses ventes aux seuls usagers d’internet via le service « Drouot Online ». L’essor du marché de l’art numérique a aussi motivé le développement de nouvelles structures comme les galeries en ligne dont les chiffres d’affaires sont de plus en plus importants. Cette efficacité budgétaire est due à l’absence de frais liés à l’accueil du public, inutile ici de posséder un lieu avec pignon sur rue, un simple hangar de stockage suffit, mais aussi à la sécurisation grandissante des transactions financières. Le système informatique « blockchain » permet ainsi aux acteurs du monde de l’art de délivrer des certificats d’authenticité digitaux et de partager leurs données quant à la circulation passée des œuvres proposées à la vente. Ces informations dispensées par des experts du milieu donnent confiance aux acheteurs. Les institutions publiques sont elles aussi conscientes de ces nouveaux usages, nombre d’entre elles proposent des expositions virtuelles sur leurs sites. Des expositions bien souvent enrichies, le format web permettant d’ajouter tous les documents qui n’ont pu trouver leur place sur les murs du musée et qui restent souvent accessibles pour un temps illimité. Et si nous pouvons arguer que regarder des photographies en petit format sur un écran d’ordinateur n’équivaut pas à la contemplation d’une œuvre réelle, des outils se développent pour rendre l’expérience de plus en plus complète. Nous connaissons déjà les zooms qui permettent d’observer les œuvres en détail (chose que nous ne pouvons bien souvent pas faire dans les salles combles des expositions), il est à parier que les progrès des technologies en matière de réalité virtuelle nous proposeront un jour un face-à-face avec les œuvres.

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