Quand l’Amour se décline au Louvre-Lens

Quand l’Amour se décline au Louvre-Lens
"Le Verrou", 1777.
À voir

Ah l’amour ! Il se retrouve dans tous les cœurs et sur toutes les lèvres, mais aussi dans tous les arts et une exposition qui lui serait consacré ne pourrait être aussi grande que lui. Mais le Louvre-Lens a tout de même tenté la chose, en prenant pour angle les transformations de la relation amoureuse à travers les âges. Du Moyen Age à nos jours, peintures et sculptures déclinent le sentiment amoureux à travers sept chapitres : séduction, adoration, passion, relation, plaisir, romantisme et liberté. Et au commencement de cette exposition, c’est la question de la femme et de ses appâts qui est soulevée. Elle qui serait l’instigatrice du péché originel. C’est ce que l’on retrouve dans les évocations occidentales, d’Eve à Pandore, de Lucrèce à Cassandre. Mais elle évoque aussi l’amour maternel, la Vierge Marie, à travers des objets précieux du Moyen Age où peu à peu, le rôle de la femme change et n’est plus autant stigmatisée.

L’exposition passe alors de la chasteté et de la vertu à la passion pure et dure. La femme se fait maîtresse, objet d’adoration amoureuse, celle pour laquelle on est capable de mourir, alors que l’Eglise condamne fermement toute histoire d’amour hors mariage. Alors voici venue la célébration du couple, à travers des peintures ou des arts décoratifs qui chantent les louanges de l’amour partagé. Et parfois, partagé à plusieurs, dans une quête du plaisir permanente. C’est l’époque du libertinage qui apparaît, les boudoirs intimes, les miroirs au plafond, les robes qui cachent des sous-vêtements affriolants. Le siècle suivant va plutôt mettre en avant le romantisme, avec le sentiment amoureux qui prévaut à nouveau, avant de succomber à la liberté du corps, en éternel recommencement de la recherche effrénée du plaisir au 20e siècle. Une scénographie impressionnante, qui cajole jusqu’au 21 janvier 2019, quelques 250 chefs d’œuvre de Fragonard, Rodin, Claudel, Delacroix ou Niki de Saint Phalle.

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