L’artiste Olle Bærtling est au cœur de la nouvelle exposition Formes Ouvertes présentée depuis le 20 février à l’Institut Suédois. Il ne s’agit pourtant pas tant d’une rétrospective consacrée à l’artiste suédois que d’une exploration du territoire de l’abstraction. Car en dialogue avec l’œuvre de Bærtling, ce sont sept autres artistes qui sont convoqués pour donner à voir la richesse de l’abstraction. De quoi aller au-delà des idées reçues qui entourent un courant encore trop souvent perçu comme hermétique.
Une abstraction qui refuse l’enfermement
Olle Bærtling n’a jamais pensé la peinture comme une surface close. Ainsi, dès les années 1950, il a développé le concept de « forme ouverte ». Des lignes qui ne délimitent pas, mais qui prolongent au contraire l’espace au-delà du cadre. Chez lui, la forme géométrique n’enferme pas. Et la couleur sert moins à remplir la forme qu’à en activer les contours.
Cette approche, nourrie par ses échanges avec l’avant-garde européenne, transforme la géométrie en mouvement. Loin d’un système froid, ses compositions invitent le regard à circuler. Et elles suggèrent que l’abstraction peut être un langage dynamique, capable de dialoguer avec le monde plutôt que de s’en abstraire.
En choisissant de présenter aujourd’hui son travail sur près de trente ans, l’Institut Suédois propose une exposition qui est bien plus qu’une simple rétrospective. Car l’exposition propose en fait de relire cette œuvre comme une matrice de l’abstraction. Un peu à la manière d’une pensée en expansion qui continue d’influencer la manière dont les artistes envisagent, encore aujourd’hui, la forme, l’espace et la perception.
Comprendre l’abstraction par la mise en dialogue
Ainsi, l’oeuvre de Bærtling entre en dialogue avec le travail de sept artistes contemporains, ce qui vise à modifier la lecture que le public peut avoir de l’abstraction. Les œuvres de Cécile Bart, Rana Begum, Ulla von Brandenburg ou encore de Jacob Dahlgren ne cherchent pas à prolonger un style hérité du passé. En revanche, elles s’attachent à honorer l’idée que l’abstraction est avant tout un territoire ouvert sur le réel.
Le parcours de l’exposition montre comment cette notion se transforme aujourd’hui. Chez certains artistes contemporaines, la couleur devient un environnement à part entière. Tandis que chez d’autres, la forme se matérialise à travers d’autres supports, y compris le support textile.
Ce dispositif fondé sur le dialogue rend à l’abstraction son expression la plus ludique. Plutôt que d’imposer un récit chronologique, l’exposition Formes Ouvertes propose une expérience comparative. Et elle invite le public à mieux appréhender la richesse d’un courant encore trop souvent perçu comme étant figé, alors qu’il s’agit au contraire d’un territoire en perpétuelle recomposition.
Formes ouvertes à l’Institut Suédois
Du 20 février au 19 juillet 2026
