Hommage à la photographe Sabine Weiss

Hommage à la photographe Sabine Weiss
© AFP / Loïc Venance
Personnalités  -   Artistes

Elle s’inscrivait dans l’école française humaniste sans toutefois s’en revendiquer véritablement. La photographe franco-suisse Sabine Weiss, équivalente au féminin de grands noms tels que Robert Doisneau, Edouard Boubat ou Willy Ronis, nous a quittés le 28 décembre dernier, à l’âge de 97 ans, soit une année après avoir reçu le prestigieux prix Women in Motion pour la photographie lors des Rencontres d’Arles pour l’ensemble de son œuvre. En tout, on compte plus de 160 expositions estampillées Sabine Weiss des années 1950 à nos jours, un chiffre vertigineux. Pendant plus de 85 ans, depuis l’âge où elle reçut son premier appareil entre les mains (vers 12 ans), la photographie aura rythmé sa vie. Tant et si bien que c’est dès l’adolescence qu’elle décide qu’elle en fera sa carrière, travaillant très rapidement pour le photographe de mode Willy Maywald. Elle ouvre son premier studio en 1950 et se fait un nom, à tel point que Robert Doisneau lui-même s’intéresse à elle et lui permet de rentrer au sein du magazine Vogue et de l’agence Rapho.

Mariée au peintre américain Hugh Weiss, la photographe amoureuse de Paris arpente la capitale la nuit, au petit matin, prend des clichés à la volée des Parisiens en plein travail ou en train de se promener comme elle. Elle s’intéresse aussi au monde de l’enfance, à ses jeux, dans les cours d’école et va photographier tout ce qui est possible de l’être, sans véritablement se spécialiser. Portraits, architecture, spectacles, défilés de mode, contrats publicitaires… son œil unique capture tout ce qui est possible de l’être, sans jamais être redondant, sans chercher non plus la starification. Elle n’en demeure pas moins l’une des photographes françaises les plus reconnues dans le monde entier. Et elle vient d’entrer encore davantage dans la légende.